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Les effets secondaires

1) Au niveau de la peau

Les rayons provoquent parfois des réactions au niveau de la peau. Après deux semaines de traitement, la réaction la plus fréquente est une rougeur de la peau au niveau de la zone irradiée. Cette rougeur, appelée érythème cutané, est semblable à un coup de soleil. Elle varie selon le type de peau. La peau peut se mettre ensuite à peler et la rougeur disparaît.

Les techniques actuelles ont beaucoup réduit la fréquence et la gravité de ces réactions qui dépendent du type de rayons utilisé et de la zone traitée. Ces réactions restent plus fréquentes lors d’irradiations au niveau des seins, de la tête et du cou.

Afin de limiter l’apparition de cet érythème ou de diminuer son intensité, il est recommandé :

  • d’éviter de mettre des produits alcoolisés (parfums, lotions, déodorants…) ou des crèmes grasses sur la zone traitée avant la séance. Elles favorisent des brûlures superficielles de la peau
  • d’éviter les vêtements serrés et préférer les habits larges et doux au contact de la peau (coton, soie) plutôt que les vêtements synthétiques ;
  • d’utiliser des savons surgras pour la toilette de la zone traitée. Cette toilette doit être faite avec douceur. Il est conseillé de ne pas frotter directement la zone traitée, et de rincer en laissant couler de l’eau tiède sur le savon, puis sur le corps. Les douches ou les bains trop chauds sont déconseillés ;
  • de ne pas exposer la zone traitée au soleil en cours de traitement et dans l’année qui suit ;
  • d’appliquer une crème hydratante recommandée par le médecin pour éviter les tiraillements de la peau entre les séances de entre les séances de rayons mais jamais avant une séance. Si des brûlures apparaissent, vous devez consulter votre oncologue radiothérapeute ;
  • d’utiliser, après le traitement, un produit asséchant recommandé par le médecin, pour nettoyer une éventuelle plaie ou un suintement.

Certains médicaments provoquent une sensibilisation particulière aux rayons. On dit qu’ils sont photosensibilisants. C’est pourquoi il faut signaler au médecin tous les médicaments
que vous prenez et ne rien prendre sans avis de l’oncologue radiothérapeute.

2) Au niveau de la tête

Une radiothérapie au niveau de la tête ou du cerveau peut provoquer des maux de tête (céphalées), accompagnés parfois de nausées et de vomissements. Des médicaments adaptés,
antalgiques*, anti-oedémateux* ou antiémétiques*, vous sont prescrits pour les soulager. Il est déconseillé de conduire pendant et après la radiothérapie.

Pour plus d’information, voir le guide  « Comprendre les tumeurs du cerveau »

Une radiothérapie de la tête s’accompagne d’une chute des cheveux, des cils et des sourcils. On parle d’alopécie*. Elle est souvent progressive et commence 15 jours à trois semaines après la première séance de radiothérapie. Elle peut être définitive ou temporaire en fonction de la dose reçue. Lorsqu’elle est temporaire, vos cheveux commencent à repousser environ huit semaines après la fin du traitement. Plusieurs mois sont nécessaires avant de retrouver votre ancienne chevelure. La couleur des cheveux change parfois. Le port d’une perruque peut vous être proposé et améliorer votre qualité de vie quotidienne. L’Institut National du Cancer a élaboré une

Charte des droits du client et des devoirs du vendeur de perruques. Les adresses des boutiques qui ont signé cette charte de qualité sont disponibles auprès de Cancer info au 0810 810 821 (prix d’un appel local) ou sur www.e-cancer.fr.

Pour plus d’information, voir le guide  «Traitement du cancer et chute des cheveux »

3) Au niveau du thorax

L’oesophage et la trachée peuvent être irrités lors d’une radiothérapie du thorax. Vous pouvez alors être gêné pour manger et avaler. Cette gêne apparaît souvent après deux semaines de traitement. Une toux sèche (trachéite*) est également possible. Quelques précautions peuvent limiter l’apparition de certains effets secondaires ou diminuer leur intensité :

  • ne pas manger trop chaud ;
  • éviter les aliments acides et irritants (vinaigrette, épices, etc.) ;
  • utiliser des pansements oesophagiens sous forme de sirop ou de gel à boire, sur prescription de votre médecin. Si vous avez un pacemaker* (ou stimulateur cardiaque), celui-ci ne doit pas être irradié directement sans précaution ni avis préalable du cardiologue. Le port d’un cathéter de type chambre implantable* n’est pas un obstacle à la radiothérapie du thorax.

4) Au niveau du ventre et du bas-ventre

L’irradiation de l’abdomen ou de la région du bassin peut irriter l’intestin, l’estomac ou le foie, provoquant des nausées ou des vomissements. Ces troubles peuvent apparaître dès la première semaine de traitement et persister pendant toute sa durée. Les nausées commencent souvent le soir ou le lendemain de la séance. Elles n’entraînent pas forcément de vomissements et ne durent généralement pas plus de quelques jours. Des médicaments contre les vomissements, appelés antiémétiques, peuvent être prescrits. Si ces troubles persistent, vous devez le signaler aux manipulateurs et au médecin responsable du traitement.

Parfois, certains patients ressentent des nausées ou des vomissements avant le traitement. Ceci est souvent lié à l’anxiété ou aux souvenirs qu’ils associent aux précédentes séances. Des médicaments adaptés permettent de diminuer cette sensation.

En cas de vomissements, il est conseillé d’attendre une à deux heures avant de manger, de se rincer la bouche avec de l’eau froide et de prendre les médicaments antiémétiques sous forme
de suppositoires jusqu’à l’arrêt des vomissements. Ces médicaments pourront être repris ensuite sous forme de comprimés.

Quelques précautions alimentaires permettent de diminuer les nausées et vomissements :

  • privilégier les aliments froids ou tièdes, moins odorants que les aliments chauds ; manger lentement, pour faciliter la digestion
  • le jour de la séance, prendre un repas léger et éviter de manger une à deux heures avant et après
  • éviter les aliments lourds, difficiles à digérer ou trop riches (aliments frits, gras ou épicés) et privilégier entre les séances plusieurs petits repas plutôt que deux repas traditionnels
  • éviter de boire pendant les repas, mais boire plutôt avant ou après. Les boissons gazeuses aident parfois à diminuer les nausées
  • sucer des bonbons à la menthe ;
  • supprimer le tabac si possible. Des aides peuvent vous être proposées (patch, consultation de sevrage, etc.).

Certains patients perdent l’appétit pendant une radiothérapie. Si c’est votre cas, une diététicienne peut vous conseiller sur la façon de mieux vous alimenter avant, pendant et après les séances de radiothérapie. N’hésitez pas à prendre un rendez vous avec elle.

Une augmentation de la fréquence des selles (diarrhées) est également possible. Si les diarrhées persistent plus d’une journée ou si elles sont accompagnées de fièvre ou de vomissements, vous risquez de vous déshydrater : il faut donc rapidement contacter votre médecin.

En cas de diarrhée, il est conseillé :

  • d’éviter le café, les boissons glacées, les fruits et les légumes crus, les céréales, le pain complet et le lait ;
  • de privilégier une alimentation pauvre en fibres à base de riz, pâtes, pommes vapeurs, bananes bien mûres, gelée de coing, biscottes et carottes ;
  • de boire beaucoup, au moins deux litres de liquide par jour, que ce soit de l’eau, du thé, des tisanes, de l’eau de riz, du bouillon de légumes, du jus de carottes ou des boissons gazeuses à température ambiante.

Des douleurs intestinales comme des maux de ventre ou des contractions dans le bas-ventre peuvent apparaître. Des médicaments pour améliorer les problèmes de transit intestinal peuvent vous être prescrits. Il est recommandé de ne pas prendre ce type de médicaments sans avis médical.

Une radiothérapie au niveau de la région pelvienne peut également provoquer des effets secondaires comme :

  • des crises hémorroïdaires ;
  • une inflammation de la vessie (cystite). Une cystite entraîne une douleur et une envie fréquente d’uriner. Pour réduire ces troubles, il est recommandé de boire beaucoup d’eau et de prendre des médicaments pour soulager la douleur ;
  • une inflammation du rectum (rectite), qui peut se manifester par des selles fractionnées, glaireuses, et parfois des traces de sang ou une inflammation de l’anus (anite) ;
  • une inflammation au niveau du vagin et des démangeaisons.

Lors d’une radiothérapie du bassin chez une femme, les rapports sexuels sont déconseillés : les muqueuses génitales sont irritées par les rayons, ce qui entraîne des douleurs pendant les rapports. Chez un homme, des troubles de l’érection ou de l’éjaculation sont possibles, surtout en cas d’intervention chirurgicale associée.

5) Au niveau du nez, de la bouche et de la gorge

Une radiothérapie peut provoquer une inflammation des muqueuses, notamment au niveau du nez, de la bouche, de la gorge. Des médicaments adaptés peuvent vous soulager. Une sonde nasogastrique permet de soulager l’inflammation et de se réalimenter.

En cas de radiothérapie de la bouche, si vous avez des prothèses dentaires métalliques amovibles, celles-ci doivent être retirées avant chaque séance.

Quelques précautions peuvent limiter l’apparition de certains effets secondaires ou diminuer leur intensité :

  • avant le début de la radiothérapie, faire un bilan dentaire complet chez un dentiste spécialisé, en concertation avec l’équipe médicale, et se faire suivre de façon régulière pour
  • éviter les caries ;
  • se brosser régulièrement les dents
  • boire beaucoup d’eau pour maintenir la bouche humide ;
  • faire des bains de bouche sans alcool, prescrits par le médecin ;
  • supprimer la consommation d’alcool, de tabac et autres irritants.

Il est possible que des soins dentaires doivent être poursuivis tout au long de votre vie :  application tous les jours du fluor sur les dents (gouttières fluorées) ;